L'histoire:

En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale crée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de ne propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses -  s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre.

 

Avis:

Attention spoilers!

Les différents teasers et bandes annonces m'avaient plutôt alléché, du coup j'attendais avec impatience le nouveau film du réalisateur de District 9 qui avait été pour moi une belle surprise lorsque je l'avais découvert.

Autant dire que la déception est d'autant plus grande....

Certes, on a un film visuellement très beau, mais alors avec un scénario et un message on ne plus simples (simplets?). Le scénario, ou du moins la trame de départ, m'a beaucoup fait penser au manga GUMN mais en très édulcoré et avec des métaphores et paraboles on ne peut plus lourdingues et moralisatrices caricaturales et sans finesse.

Si la réalisation est globalement propre, en revanche par moment, la caméra virevolte comme une folle sans réel intérêt et au contraire, rend l’action illisible.

Au niveau du casting et de la direction d'acteurs, je suis aussi réservé... la palme allant au personnage du caïd /passeur de clandestins, pas crédible une seconde avec sa bouille enfantine, sans charisme et sa canne lui donnant plus un air de Patrick Hernandez chantant Born to be alive que celui d'un gros dur craint et faisant la loi sur Terre (ou du moins Los Angeles).

Sharlto Copley, de son côté joue le gros méchant tellement caricatural qu'en fait on n'y croit pas non plus et que cela tue un peu la tension et la crainte qu'il devrait inspirer (sans compter le doublage honteux dont il "bénéficie" en VF). 

Jodie Foster, qui elle aussi en fait des tonnes, n'apporte aucune intensité à son personnage stéréotypé.

A la rigueur Matt Damon ne s'en sort pas trop mal, si ce n'est qu'il n'a que peu de crédibilité en délinquant latino, Max Da Costa. Si au moins on avait ne serait-ce qu'une bribe de bout d'idée de pourquoi ce blondinet se retrouve dans le barrio affublé un patronyme latino... quid de son passé, de son adolescence? On sait qu'il est orphelin mais qu'est-ce qui l'a éloigné de son amie d'enfance, Frey,  qu'il retrouve comme par hasard au moment où tout va se jouer? On ne s'attache pas à l'histoire de Frey et de sa fille non plus, car on a aucune raison d'avoir de l'empathie pour elles: on ne nous les présente pas... Il ne suffit pas de coller une leucémie à la petite fille pour susciter automatiquement une connexion avec le public.

Donc voilà, tout est survolé, on ne s'attache a aucun personnage tant tout est cousu de fil blanc ; on a une histoire pour laquelle il manque un souffle épique qui emporterait le spectateur.

C'est également le cas pour Elysium dont on ne découvre pas grand-chose (fonctionnement, organisation, modes de vie), juste un semblant de présentation politique, ni de ses habitants pour lesquels on ne connait rien, si ce n'est qu'ils aiment faire des cocktails dans un monde encore plus lisse et ennuyeux en apparence que dans Wisteria Lane.... Pas de développement d'un univers, ni même d'allusions, ou de détails permettant aux spectateurs d'imaginer la vie sur Elysium, aucun background dans ce film. Non, dans Elysium on vous prend par la main, on souligne bien ce qu'il faut voir au marqueur (là faut être ému, là faut être révolté, là faut être attendri), mais pour le reste, on repassera. Rien pour flatter l'imaginaire.

C'est assez frustrant de se voir proposer un paquet cadeau aussi aguichant pour en fait se rendre compte qu'il ne contient que du vide.

Et alors l'intrigue principale, le coup d'état, c'est une blague?

Elysium a l'air contrôlé d'une main de fer, mais bon Jodie Foster n'a besoin que de quelques secondes dans un sas pour remettre en cause un système qui semble en place depuis des années; elle dévoile son plan sans trembler à un industriel qu'elle connait à peine, mais pas de problème, elle va renverser le système et lui file tout son plan sans crainte - elle fait facilement confiance pour une nana en charge de la sécurité intérieure... Lui de son côté, n'a pas plus de scrupules, il accepte sans réfléchir.

Voilà emballé, c'est pesé ma p'tite dame, aucune tension dramatique là-dedans. Et puis alors la simplicité avec laquelle on peut réinitialiser l'ensemble du système... no comment (On/Off)

Bon je passe la facilité avec laquelle les "rebelles" n'ayant jamais mis les pieds dans Elysium arrivent tout de suite au centre névralgique, en ne trouvant que peu de résistance.

Ça se termine de façon bancale avec une belle image de sacrifice, un flashback vu et revu, et un pseudo happy end où les gentils sont tous sauvés par la technologie des méchants.... Manichéen jusqu'au bout.

Bon, et puis l'histoire du suricate et de l'hippopotame comme métaphore moraliste sur l'entraide.... au secours!

 

Grosse impression de gâchis pour ma part. C'est vraiment dommage car le traitement graphique, principalement des décors, est juste magnifique avec un gros potentiel... le problème, c'est ce qui se passe dans ces décors.