Ça faisait longtemps que je souhaitais échanger sur cette thématique.

Je suis un (relativement) gros lecteur et j’ai souvent des « débats » sur les évolutions de modes de lecture.

J’ai donc profité de l’occasion de la venue de monsieur Rêve dans un des enregistrements de L’EntrePod pour faire un petit dossier à ce sujet.

En effet, Mickaël (alias Monsieur Rêve) est bouquiniste de son état, et il me semblait que c’était l’occasion rêvée pour aborder ce sujet et d’échanger avec mes compères et lui sur ce thème.

 

Ma liseuse Kobo

Comme je le disais précédemment, j’ai souvent l’occasion d’échanger avec de nombreuses personnes qui m’entourent et qui aiment lire et le point qui me dérange, c’est la volonté qu’ont certains d’opposer les deux formats, papier et numérique, dont l’un serait plus noble que l’autre.

Pour ma part, j’ai une liseuse mais je continue d’acheter des livres papier, l’un n’empêche pas l’autre. 

Vouloir les opposer m’apparait comme un combat d’arrière-garde, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients. De plus, je ne pense pas que le livre électronique ait pour vocation de remplacer le papier, c’est une alternative.

 

Beaucoup de gens (moi le premier, il fût un temps) ne veulent pas entre parler de liseuse sans même connaitre réellement l’objet.

J’en ai encore fait l’expérience récemment avec des amis pour qui : un livre c’est papier et rien d’autre ; les liseuses c’est moche, ça fait mal aux yeux, c’est pas agréable, etc…

Pourtant, quand je leur montre concrètement l’objet avec une œuvre choisie au hasard, la réaction est quasiment à chaque fois : « ah, je ne m’attendais pas à ça, ça a l’aspect du papier, ça ne brille pas, etc… ». Alors justement je précise, je parle des liseuses à encre électronique, pas de la lecture sur tablette type Surface ou iPad dont ça n’est pas l’utilité première et qui a tendance à fatiguer les yeux, et que je n’utilise pas du tout à cet effet.

J’avais moi-même également le discours du bruit du papier quand on tourne les pages, de l'odeur, et tous ces trucs qui en fait me paraissent finalement être un faux problème puisqu’au final, je m'en passe très bien car l'important c’est ce que je lis, pas sur quoi je le lis (est-ce qu’un film est meilleur sur DVD que sur VHS ou en VOD ? ça n’est qu’un problème de support).

Concrètement, j’ai acquis une Kobo Glo il y a un peu plus d’un an et voici mon ressenti :

Avantages ou points forts:

  • Ecran à encre électronique qui a l’aspect du papier,
  • Consomme très peu (si le wifi est désactivé) : plusieurs semaines sans recharge,
  • Possibilité d’adapter la mise en page : police, taille de la police, interligne, etc…
  • Dictionnaire intégré - mais quel confort !
  • Surlignage et marque pages : pas besoin d’avoir un calepin à côté pour noter les citations ou idées qui nous plaisent ; un appui prolongé, on sélectionne la phrase ou la page et on y revient quand on veut ensuite,
  • Possibilité de télécharger des extraits : on a tous regretté d’avoir acheté un livre qu’on a abandonné au bout de quelques pages,
  • Lecture nocturne rétro-éclairée sans déranger sa moitié qui dort à côté,
  • Coût de certains livres (pas une généralité cependant) beaucoup moins élevé dans leur format électronique, voire gratuit pour certains tombés dans le domaine public (avantage de ne pas avoir de coût de fabrication),
  • Possibilité d’y intégrer des pdf ou des fichiers mis en marque page sur internet (avec l’application Pocket ),
  • Confort de lecture et déplacement (encombrement et poids) : quand tu es en déplacement régulier (train/avion/hôtel) avoir un bouquin de 800 pages qui pèse 200 grammes et tient dans ta poche, c'est quand même sacrément pratique - de même le soir au lit, quand tu as le bras qui fatigue à porter le pavé que tu es en train de lire.
  • Possibilité de stocker plusieurs centaines, voire milliers de livres.
  • Statistiques de lecture (ça a un côté gamification mais pas que). Là, je peux voir que depuis un peu plus d’un an, j’ai terminé une quinzaine de livres, ce qui m’a pris une centaine d’heures. On voit le temps qu’il nous reste avant de terminer le livre, le temps pour terminer le chapitre en cours, le temps du prochain (pratique pour savoir si on a le temps de l’attaquer sans être interrompu),
  • L’application Kobo, un peu rigide comme iTunes mais qui fait pas mal de propositions de bouquins en fonction de ce qu’on a l’habitude de lire.

Défauts ou plutôt points faibles:

  • Aspect social : le côté « exhibition » : ça a quand même un côté valorisant (et un peu élitiste) d’avoir une belle bibliothèque ; dans un Kobo, on peut mettre 100 bouquins, c’est moins impressionnant, ça « casse » le plaisir du collectionneur.
  • De plus, il n’y a pas forcément le même rapport au prêt, même s’il n’est pas impossible avec le format numérique, mais pas forcément très cadré légalement…
  • Le coup de la panne : et oui ! plus de batterie, ou un composant défectueux, et c’en est fini de la lecture. Un livre papier n’a pas ce type de désagrément.
  • La réactivité écran est médiocre (au regard des Smartphones ou tablette) et la navigation n’est pas toujours aisée, c’est plutôt de la technique mais ça peut en refroidir plus d’un.

Par contre, je n’arrive pas trop à lire de BD sur tablette car dans le cas, la forme compte autant que le fond et le dispositif numérique ne permet pas d’avoir le rendu du papier : découpage des cases qu’on ne voit pas dans sa globalité ou alors au détriment du texte, problème avec les mise en page sur pages doubles, etc…

Donc pour le moment mes BD restent sous forme papier quasi-exclusivement.

 

Les livres audio (audiobooks)

Tout autre mode de lecture, qui en fait n’en est pas un, mais qui pour moi en est un quand même : le livre audio.

J’ai découvert ce moyen assez récemment, et j’y suis venu notamment pour suite à l’écoute de sagas mp3 réalisées par Walter Proof ou des créations Audiodramax (Eden et Poséidome notamment). Je me suis dit que cette façon de découvrir des histoires me plaisait bien et de ce fait, pourquoi pas me mettre à « écouter des livres »

Je suis venu à l’écoute des podcasts en cherchant à occuper le temps dans mes nombreux déplacements et c’est exactement de la même manière que j’en suis arrivé à écouter des livres audio.

Donc j’ai découvert le site Litteratureaudio.com qui recense et met à disposition plus de 4000 livres audio gratuits.

J’en ai donc profité pour rattraper mon retard dans les créations de H-P Lovecraft, auteur que je ne connaissais que peu et dont je repoussais toujours la lecture car préférant attaquer les nouveautés.

C'est ainsi que depuis début 2014, j’ai lu/écouté plusieurs œuvres de cet auteur :

·   Le molosse,

·   L’appel de Chtulu

·   L’ombre sur Insmouth

·   La chose sur le seuil

·   L’affaire Charles Dexter Ward

Et bien franchement, je dois dire que c’est (presque) comme si je les avais lues ; les images se forment dans ma tête comme si je lisais moi-même le bouquin.

De plus, ça me permet de profiter du temps habituellement perdu au volant (même si on n’est pas dans un problème d’optimisation et de productivité).

Il y a tout de même un inconvénient à cette manière de découvrir une œuvre : le conteur car si sa voix, ou son interprétation, ou les deux ne vous plaisent pas, c’est mort. Ça m’est arrivé pour Des rats dans les murs, pour lequel le narrateur parlait comme un GPS, c’est impossible de le suivre, j’ai arrêté après quelques minutes.

En revanche, si le conteur est bon, comme Jean-Luc Fischer pour L’appel de Chtulu, L’ombre sur Insmouth ou L’affaire Charles Dexter Wardc’est vraiment un plaisir à écouter (même s’il prononce [Stulu] au lieu de [Ktulu] et là j’en reviens au point précédent et peut éventuellement bloquer l’auditeur).

Chez Audible.fr (partenaire ou filiale d’Amazon, je ne sais pas trop), ils mettent à disposition des livres plus récents et non tombés dans le domaine publique mais alors là, c’est un peu cher : le prix d’un bouquin est souvent aux alentours de 20€.

Bon, il faut dire que ça occupe plusieurs heures voir dizaines d’heures.

C’est un choix mais pour le moment je me contente des gratuits et je suis loin d’avoir fait le tour des classiques à côté desquels j’étais passé jusqu’à présent.

 

Et pour vous ? Un livre, ça n’est que du papier ou ces moyens vous intéressent également ?

 

Ce sujet a été abordé dans L’épisode 7 de l’EntrePod et vous pouvez donc y retrouver nos échanges.