Même si j’écoute des univers musicaux assez variés, je baigne principalement dans le métal depuis une vingtaine d’années.

Et c’est justement de l’un des groupes qui m’a le plus marqué dont je souhaitais vous parler à l’occasion de la sortie - il y a désormais quelques mois déjà - de son dernier album. Il s'agit du groupe KoRn

 

Historique du groupe

Figure de proue de mouvement appelé « néo métal » dans les années 90, KoRn (ou KoЯn) est un groupe américain  originaire de Bakersfield en Californie, formé au début des années 90 autour de Brian «Head» Welch  et James «Munky» Shaffer  à la guitare, de Reginald «Fieldy» Arvizu à la basse, de Jonathan Davis  au chant et David Silvera à la batterie (replacé depuis quelques années par Ray Luzier).

Cependant, le groupe a connu beaucoup d’aléas et une formation assez chaotique et aléatoire à la fin des années 2000.

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Un peu de chiffres

À ce jour, le groupe a sorti 11 albums studio dont 8 ont été certifiés platine ou multiplatine et a vendu environ 50 millions d’albums dans le monde.

1994 : Korn

1996 : Life Is Peachy

1998 : Follow the Leader

1999 : Issues

2002 : Untouchables

2003 : Take a Look in the Mirror

2005 : See You on the Other Side

2007 : Untitled

2010 : Korn III : Remember Who You Are

2011 : The Path of Totality

2013 : The Paradigm Shift

 

La musique de KoRn

La musique de KoRn est spécifique notamment grâce à la basse à cinq cordes de Fieldy jouée de façon percussive et des guitares sept cordes des guitaristes Head et Munky qui donne un mélange de guitares lourdes, des sonorités parfois dissonantes, avec un certain groove. Le tout est porté régulièrement par le chant et l’interprétation stupéfiants de Jonathan Davis, virtuose vocal selon moi (même si je n’adhère pas toujours à ses choix artistiques).

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L’interprétation est très importante car ce qui caractérise Korn, c’est principalement l’ambiance, pas méga enjouée ; les paroles se concentrent principalement sur la douleur et les problèmes de jeunesse de Jonathan (violenté/violé, bouc émissaire à l’école puis il poursuit des études de sciences mortuaire, travaille comme assistant médecin légiste, etc… la vie de rêve).

Il est parfois habité lors de ces chansons ; il suffit de voir les sessions d’enregistrement dès leurs débuts pour voir que le mec est un peu chahuté dans sa tête.

Il ne se cache pas d’ailleurs d’être suivi psychologiquement et a régulièrement des rechutes à l’issues desquelles il est shooté aux cachetons.

L’écoute des chansons est imprégnée de ce vécu, et participe à l’atmosphère du groupe en plus de la partie instrumentale.

La musique justement est influencée par différents styles et le mélange qui en ressort en fait un son caractéristique mélangeant metal, rock, rap, groove et – surtout au début du groupe - des sonorités dissonantes.

Désormais, c’est plutôt le côté lourd qui ressort plus que l’aspect dissonant, mais le groove est toujours là sur certains morceaux.

On peut croiser par-ci, par-là des parties de cornemuse ou des envolées vocales à base de charabia.

L’ensemble du groupe est un peu ravagé, et la joie de vivre ne transpire ni de la musique, (qui peut être oppressante) ni des pochettes d’album souvent représentant des angoisses enfantines.


      

Certains morceaux sont plutôt expérimentaux et le groupe aime explorer diverses pistes.

Le groupe a pas mal de fois cherché à effectuer des virages, quitte à déstabiliser certains fans. Par exemple L’album Path of reality se tourne vers la Dubstep, pour un album qui fusionne ainsi plutôt naturellement ce style avec le son lourd spécifique de KoRn, mais l’album reste moyen selon moi.

Les membres du groupe citent des références assez variées (mais assez rock), ce qui explique un peu d’où leur vient ce son: Metallica,  Nirvana, Led Zeppelin, Sepultura,  Faith No More , Red Hot Chili Peppers, Rage against the machine, Pink Floyd,  Primus ,  Nine Inch Nails, Beastie Boys, ou encore Black Sabbath.

Le chanteur a beaucoup écouté de New Wave dans son adolescence et reste sensible aux sonorités électro et une grande partie de leur travail a été inspiré par le hip-hop à leurs débuts.

Le groupe a, à son tour, influencé des groupes comme Limp Bizkit, Linkin Park, Slipknot, System of a Down, Coal Chamber, Eths parmi tant d'autres

KoRn a notamment enregistré une reprise de Kidnap the Sandy claws sur l’album Nigthmare Revisited (L’étrange noël de M. Jack) qui colle tout à fait à l’ambiance à la fois du groupe et de l’univers du film.

 

KoRn et moi.

J’ai découvert KoRn ado, en 1995, et j’ai immédiatement adhéré au groupe dans son ensemble, qu'il s'agisse de la musique ou de l'atmosphère, assez glauque, qui émanait du groupe

C’est le premier vrai concert de métal auquel j'ai assisté, à Rouen (à l’exo7) en juin 1997. 

En première partie jouait un groupe complètement inconnu et je me souviens que le mec qui faisait les essais guitare essayait en vain de nous donner le nom du groupe "Limp Bizkit" s'évertuait-il à nous répéter. Mais on s'en foutait un peu, on venait voir KoRn.

Bon clairement, Limp Bizkit a été une méga baffe ce soir-là et notamment grâce une espèce de guitariste dingo du nom de Wes Borland qui rivalisait avec le chanteur Fred Durst pour savoir lequel allait le plus enflammer le public.

Ensuite le show de KoRn était juste terrible ! (en tout cas dans mes souvenirs)

À la fin du concert, on est resté dehors et les mecs de KoRn (à l'exception du chanteur) sont venus parler avec nous, nous ont filé des Corona et signé des autographes sur nos billets et nos fringues (j’étais habillé en ADIDAS en cette période et j’ai gardé ma veste de jogging longtemps avec de graphe).

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Avec mon groupe du lycée, on faisait des reprises de groupes de l’époque et KoRn revenait souvent (Blind, Got the Life, Freak on the Leash,…), parmi Deftones, Sugar Ray, Incubus, Limp Bizkit ou Rage Against The Machine.

Et si j’apprécie énormément les autres, aucun n’a eu l’impact de KoRn pour moi à cette époque.

Quand Brian « Head » Welch a quitté le groupe en 2005, après avoir eu une illumination religieuse, mon intérêt pour le groupe s’est amoindri fortement, du moins sur leurs nouveaux projets (pour moi il est un peu comme Wes Borland dans Limp Bizkit : indispensable).

A partir de là, je trouve que le groupe s’est cherché et, peut-être à tort, n’a plus suscité d’intérêt pour moi.

Le 8 juin 2013, Head est à nouveau présent sur scène avec le groupe au festival Sonisphere dans l'est de la France, et là, mon attention revient ou plutôt un peu de curiosité lointaine car j’ai vraiment laissé tomber le groupe.

Il y a quelques temps, j’écoute un épisode de Loud Corner dans lequel Bouli fait une chronique plutôt positive mais les extraits passés me laissent finalement perplexe.

Dans la foulée, on me prête 2 numéros du magazine RockHard qui parlent chacun de KoRn, l’un lors du passage au Sonisphère et l’autre abordant l’album, et à chaque fois dans des termes assez élogieux.

J’ai beau avoir les idées assez arrêtées parfois (si si), je me dis que ça mérite peut être quand même que je creuse le sujet et donc j’ai pris le temps de me pencher sur l’album, via Spotify, et après une première écoute dubitative, (et surtout le single Never Never qui annonçait le pire), l’envie d’y revenir s’est faite assez forte, et de plus en plus régulièrement. Du coup, je suis allé l’acheter en CD.

Depuis, j'écoute plutôt fréquemment l’album et ça m’a surtout replongé dans leur discographie qui est quand même bien classe dans l’ensemble

 

Ce billet complète le sujet abordé initialement dans l'épisode 4 de L'EntrePod