N'ayant pas de mots pour exprimer la colère, la tristesse, l’incompréhension (et d’autres émotions que je n’arrive pas bien à définir), et pour ne pas sombrer dans le piège de la haine et de l’analyse de comptoir, je me contenterai de relayer en hommage cette publication de France Inter, retraçant le parcours des dessinateurs victimes de l’attaque de la rédaction de Charlie Hebdo en ce 7 janvier 2014, simplement pour avoir fait des dessins……


Bien entendu, les feux de l’actualité se concentrent sur eux car ils étaient plus médiatiques, mais il ne faut pas non plus oublier que d'autres personnes dont l’économiste Bernard Maris et d’autres anonymes pour le public (dont malheureusement le chiffre n’est pas définitif à l’heure où j’écris ces lignes…) ont perdu la vie dans cette triste journée, qui constitue une attaque contre la liberté d’expression.

 

Faisons en sorte que ces défenseurs de toutes les libertés ne soient pas morts pour rien et ne tombons pas dans la psychose, la peur de l’autre et la récupération politique car cela va bien au-delà de Charlie Hebdo (que personnellement je ne lisais plus depuis quelques années).


Des manifestations sont organisées aujourd’hui un peu partout en France en guise de soutien.

 

Ironie de l’histoire, je regardais hier soir Desproges qui posait la question, il y a 30 ans : « peut-on rire de tout ? Peut-on rire avec tout le monde ? » et je me demandais si ça avait évolué depuis ou si on avait acquis de la sagesse et de la tolérance.

Malheureusement, on a reçu la réponse à sa deuxième question par une grosse claque dans la gueule aujourd’hui.

 

 

 

Cabu, Charb, Tignous et Wolinsky parmi les victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo

7 janvier 2015, 14:56

 

Cabu

Après des études à l'école Estienne, c'est dans le quotidien l'Union de Reims qui publie ses premières illustrations en 1954. Ce début de carrière prometteur est interrompu par la guerre d'Algérie. Mobilisé pendant plus de deux ans (27 mois), il met ses compétences au service du journal de l'armée, Le Bled, basé à Constantine, dans lequel signent également Philippe Labro et Francis Veber. Il y publie notamment la série La Fille du colonel. Il garde de cette période un antimilitarisme militant et une vision un peu anarchiste de la société qu'il transpose dans ses dessins. Son personnage de l'adjudant Kronenbourg est inspiré par cette période.

 

Démobilisé en 1960, il dessine toujours dans différents journaux, dont l’Enragé, publication éphémère ne publiant que des caricatures. Il entre ensuite à Hara-Kiri, créé par François Cavanna et Bernier (le professeur Choron), où il trouve une ambiance qui correspond à ses idées et d'autres dessinateurs : Gébé, Fred, Wolinski, Reiser... Il collabore également au magazine Pilote à partir de 1962. C'est là qu'il crée son personnage fétiche Le Grand Duduche, lycéen lymphatique et maladroit et celle du "Beauf". Il collabore à Hara-Kiri hebdo, puis après l'interdiction de celui-ci en 1970, à Charlie Hebdo.

 

Dans les années 1970/1980 il publie avec succès de nombreux albums. Engagé par Jacqueline Joubert, Cabu apparaît également dans l'émission télévisée Récré A2 : il crée des planches en direct et fait partie de l'équipe d'animateurs aux côtés de Dorothée. En 1982, il travaille pour les trois chaînes de télévision française (FR3, Antenne 2 et TF1 pour Droit de réponse, présenté par Michel Polac).

Puis, à partir de 1992, il s'oriente vers la caricature politique en dessinant pour le nouveau Charlie Hebdo et pour Le Canard enchaîné.

Artiste prolixe, Cabu a aussi travaillé épisodiquement dans Ici Paris, Jazz Hot, Rallye, Rock & Folk, Candide, Le Journal du dimanche, France-Soir, Paris-Presse, Le Figaro, Le Figaro littéraire, La revue de médecine, Le Nouvel Observateur, Le Monde, Ciné Revue, Action, Jours de France, Pariscope, CFDT syndicalisme, 20 ans, Le Journal de la Maison, Journal des messageries maritimes, La Gueule ouverte, Charlie Mensuel, Politique hebdo, La Grosse Bertha...

Il a illustré de nombreux livres, et la pochette du 3e album de Maxime Le Forestier intitulé "Caricatures". Il a illustré également la série de double CD Cabu chez Nocturne, anthologies consacrées à quelques grands musiciens de jazz : Ellington, Basie, Gillespie, Peterson, Kenton, Bechet...

Cabu avait 76 ans.

 

Le (re)écouter  :

http://bit.ly/17iv5a8

http://bit.ly/1yAmqey

 

 

Stéphane Charbonnier alias Charb

Dessinateur satirique né en 1967, Stéphane Charbonnier alias Charb, est décédé lors de l’attentat contre Charlie hebdo le 07 janvier 2014, à Paris.

Fan de Tintin, Picsou et Lucky Luke, c’est en découvrant à 11 ans un dessin de Cabu que lui vient la vocation de caricaturiste. Il fait parti en 1992 de l’équipage du nouveau Charlie Hebdo avec Cabu et Philippe Val. En 2009, il devient directeur de publication.

Charb a également travaillé pour Télérama, l’Echo des Savanes, Fluide Glacial et l’Humanité. Parmi ces personnages, les plus célèbres à noter  sont « Maurice et Patapon », chien et chat qui symbolisaient parfaitement son irrévérence et son style corrosif.

De 2007 à 2008, il participe à l’émission de Marc Olivier Fogiel sur M6, « T’empêches tout le monde de dormir ».

Son dernier ouvrage aux éditions 12 Bis s’intitule « La Salle des Profs ».

 

Le (re)écouter  :

http://bit.ly/1wpWgp5

http://bit.ly/1zTFrUM

http://bit.ly/1BKX2kb

 

 

Bernard Verlhac alias Tignous

Dessinateur et caricaturiste né en 1957, Bernard Verlhac lias Tignous est décédé lors de l’attentat contre Charlie hebdo le 07 janvier 2014, à Paris.

Tignous publie ses premiers dessins sur l’actualité dans l’Idiot International en 1990. Il collaborait à Charlie Hebdo, Marianne, Fluide Glacial, L’express, VSD, Télérama et l’Humanité. Parmi ses publications, on retrouve entre autre « On s’énerve pour rien » en 91, « C’est la faute à la société » en 2008 et « 5 ans sous Sarkozy » en 2011.

 

 

Georges Wolinski

Georges Wolinski fait partie des victimes de l’attaque de Charlie Hebdo.

Né en 1934 à Tunis, ce dessinateur satirique, est arrivé en France en 1945. Très vite, il se passionne pour le dessin plus que pour les études. Il rentre en 1961 après son service militaire en Algérie à Hara-Kiri.  Sous l'égide de Cavanna, son rédacteur en chef, Wolinski affine ses dessins, épure son trait, le rend « plus elliptique ».

À partir de 1968, il multiplie les collaborations avec des journaux tels qu’Action, journal des jeunes révolutionnaires, L'Enragé (créé par Siné), puis en février 1969, il participe à la fondation de Hara-Kiri Hebdo, qui devient Charlie Hebdo suite à la polémique provoquée par le titre « Bal tragique à Colombey, un mort », lors du décès du Général de Gaulle. C'est durant cette période où le style «wolinskien » se met en place, « dessinant la société en regardant sous la couette »… 

Rédacteur en chef de Charlie Mensuel dès 1970, il est recruté par René Andrieu en 1974, pour le journal l'Humanité (jusqu'en 1981) dont ild eviendra l'un des dessinateurs vedettes avant d'entamer une nouvelle collaboration au Nouvel Observateur (1984 -1990).

En 1990, il entre au Journal du Dimanche puis à Paris Match et revient à Charlie Hebdo, qui renait de ses cendres en juillet 1992, sous la houlette de Philippe Val.

Titulaire de la Légion d'honneur en 2005, Grand Prix du 32ème festival d'Angoulême la même année, le « Roi des Cons », qui a pour livre de chevet le Candide de Voltaire, fête ses 50 ans de dessins, à travers une exposition présentée à la BNF (28juin-2 septembre 2012).