Mercredi 2 avril 2014 au matin, Freddy, mon pote chroniqueur de l'EntrePod, poste sur notre espace Azendoo un message pour nous inviter à venir assister à la diffusion sur grand écran d'un documentaire au 106 de Rouen, le soir même.

Il joint à son post le billet qu'il avait rédigé sur son blog à ce sujet.

Je dirais qu’à priori, l’image illustrant l’article et la première vidéo du billet modéraient un peu mes ardeurs car un documentaire sur les différents Rémy Bricka du monde (malgré tout le talent qu’il faut lui reconnaître) ne m’emballait que moyennement.

Mais finalement la lecture du billet et le visionnage rapide des vidéos liées ont plutôt aiguisé ma curiosité.

A cela venait s’ajouter que cette soirée se déroulait au 106 (donc à quelques pas de chez moi), que le documentaire était suivi d’un concert de 2 One-Man Band (Bird Radio et Son of Dave) et qu’en plus l’entrée était libre et gratuite ! 

Que demander de plus ?

 

Bon concrètement, comment était la soirée ?

C’est très simple, j’ai passé un très bon moment !

La salle du 106 était plutôt bien remplie, à la grande surprise des réalisatrices visiblement et tant mieux pour elles car leur documentaire mérite d’être vu.

We are a one-man band est donc un film documentaire d’une cinquantaine de minutes (bien calibré pour une diffusion TV donc), réalisé Anne-Charlotte Gellez, Blandine Guézet et Audrey Pernis, trois amis Rouennaises, qui traite du sujet des hommes/femmes orchestres, c’est à dire qui se produisent seuls mais jouent de plusieurs instruments, aidés en cela par leur ingéniosité.

Le Canada héberge un festival dédié à ces One-man Band, et, ça tombe bien, l'une des co-réalisatrices, Audrey Pernis, habite Québec ; c'est l'occasion pour les 3 amies de se retrouver au Canada en 2013 pour tourner le film durant le festival.

Le film est réalisé de façon artisanale – j’espère ne pas leur faire offense en écrivant cela (peu de moyens matériels et logistiques, dans un délai court) - mais abouti à un résultat de qualité, sur le fond comme sur la forme.

Le rythme est bien géré, les plans et cadrages sont réussis, tout comme la mise en scène.

Sur le fond, il dresse une galerie de personnages/artistes tous relativement barrés, mais d’une créativité et d’une inventivité impressionnantes : de l’homme orchestre clownesque au rappeur et sa boite à rythmes en passant l’expérimentation électro, on a un éventail de choix assez intéressant.

Le tout premier artiste qu’on rencontre, The Eric Royer Band (qui illustre ce billet) est juste hallucinant : il s’est fabriqué tout un atelier lui permettant de jouer du banjo, tout en s’accompagnant à la guitare et à la basse (ces deux dernières étant actionnées par ses pieds).

De plus, le film s’interroge et interroge les artistes sur la raisons qui les poussent à finalement se produire seuls ; est-ce une tendance de fond ou juste le fait de quelques illuminés.

Cela expose également les difficultés inhérentes à ce type de performances (organisation, être tributaire du matériel, rémunération, etc…), différentes selon les personnes.

Donc au final ce documentaire réussi son objectif: éclairer sur un mode de performance et surtout donner envie de le découvrir et le voir sur scène, car finalement un CD ne rend aucunement hommage à l'artiste dans ce cas (à l'écoute, qu'il y ait une ou 10 personnes, on ne s'en rend pas forcément compte).


Si je devais apporter un bémol, j'évoquerai le son qui, loin d'être mauvais, n'est pas le point fort.

Autre petite réserve également sur le montage par-ci par-là dans l’enchaînement (notamment les artistes qui parlent et dont on n’entend la performance que plus tard, et donc n’illustrant pas les propos qu’on entend)

Mais c'est vraiment pour faire mon chieur car ma première remarque à Freddy à la fin de la projection fût : « ça fait déjà 50 minutes ? ».

 

Cette projection a ensuite été suivie par 2 concerts de Bird Radio et Son of Dave.

Je n’ai vu que Bird Radio et c’était vraiment intéressant de voire cet artiste au look hipster, donnant l’impression de sortir tout droit d’un film de Western, jouer avec sa flûte traversière, sa grosse caisse et ses effets, tout en étant complètement habité par ce qu’il chante. Un très bon moment.

 

 

Pour plus d’information sur le sujet :

La page Facebook de We are a One-man Band,

La page Vimeo de We are a One-man Band

Le one-man band festival de Montreal

 

Et bien sûr pour les fans de musique, le nouveau blog de Freddy dédié à cette thématique :

Duson Lajoie