Il y a une semaine, a été diffusé sur Netflix le 10ème et dernier épisode de la première saison de Better Call Saul, Spin-off de la formidable série  Breaking Bad.

 

Depuis l’annonce du tournage de la série il y a plusieurs mois, j’étais dubitatif sur ce projet, mais aussi très curieux, car je craignais l’exploitation à rallonge d’un titre dont la trame principale avait été menée et bouclée de main de maitre.

De plus, diverses informations s’étaient propagées sur la toile, dont certaines présageaient d’une histoire axée sur un aspect humoristique pour faire le pendant du coté oppressant et anxiogène de Breaking Bad.

 

Finalement, ça n’est ni l’un, ni l’autre : on n’a pas en permanence du fan service avec des clins d’œil forcés à Breaking Bad pour garder le spectateur intéressé, et s’il existe des scènes humoristiques, elles ne virent pas du tout au grand guignol, et versent plutôt dans la comédie dramatique puisque on rigole du côté pathétique de certains personnages ou situations.

 

Et sinon, ça parle de quoi finalement ?

Et bien déjà, on peut dire de quoi ça ne parle pas : de Saul Goodman !

 

Hein ? Quoi ?? Ouh!! ouh !! Remboursé !! On m’aurait menti ?

 

Et oui, car Saul Goodman n’est qu’un nom d’emprunt, une identité secondaire pour James McGill, ancienne petite frappe devenu avocat (par correspondance) dans le but de voir de la fierté dans le regard de son grand frère qui l’a sorti de prison.

L’histoire débute en 2002, soit 7 ans avant les événements de Breaking Bad et il semble qu’elle est censée se terminer après. Du moins c’est ce que laisse supposer la première scène du premier épisode dans laquelle on voit Saul/James en gérant de fast-food, terrorisé par la moindre personne suspecte à ses yeux, et qui se repasse en boucle le soir les enregistrements de sa période faste d’avocat.

 

La série fait quand même appel à certains protagonistes de Breaking Bad, de manière plus ou moins ponctuelle et appuyée, et on a envie de savoir comment ces personnes vont ensuite finir par graviter autour du Saul Goodman, alors qu’a priori, Jimmy McGill avait plutôt tendance à les faire fuir et/ou les irriter.

 

Toute cette première saison concerne la lente transformation de James McGill, petit avocat sans succès, sans le sous, plein de bonne volonté, dévoué à son frère (avocat renommé mais malade imaginaire), en celui qui deviendra Saul Goodman, l’avocat sans scrupules, près à tous les coups tordus qu’on connait.

 

 

Aurai-je le même plaisir et intérêt pour cette série si je n'avais pas vu Beaking Bad?

Bien sûr, il m’est impossible de répondre objectivement à cette question, mais je pense que oui.

L’histoire dispose de sa propre identité, et tient en haleine, sans que Walter White, Jesse Pinkman ou Gus ne semblent manquer au tableau. Au  contraire, on les oublie totalement de ce décor.

 

Il faut dire que cela tient certainement à la belle performance des acteurs, au premier desquels on trouve Bob Obendkirk (James McGill/Saul goodman), qui passe d’un statut de second plan dans Breaking Bad à un personnage central, auquel on s’attache, que ça soit dans ses coups durs, ses coups tordus, son dévouement fraternel, mais qu’on sent également fatigué et toujours prêt à « péter un câble » pour redevenir « Slipping Jimmy » (Jimmy la glisse in French), petit délinquant ingérable qui sommeille toujours au fond de lui.

 

A noter également la présence d’un épisode quasi-essentiellement basé sur Mike Ehrmantraut (Jonathan Banks, qui est lui aussi un acteur qui occupe tout l’écran par son charisme), et qui nous apprend également un peu plus sur ce personnage taiseux et énigmatique.

Cela accentue le background de la série originelle et lui donnant de la profondeur à travers le récit de ces personnages, initialement secondaires.

 

Dans la réalisation, on retrouve ce qui faisait le charme de Breaking Bad tout de même : une ambiance, une photographie et des cadrages si rapidement identifiables.

 

Vivement la saison 2 !!

 

Better Call Saul a été présenté par ma Starlette dans l’épisode 14 de l’EntrePod.